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L' Impératrice Yang Kwei-Fei

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.75/5

vos avis

20 critiques: 3.6/5

visiteurnote
Mister_Tsukimoto 4.75
Ytterbian 4.5
Kamiku 4.5
k-chan 4.25
Scaar Alexander Trox 4
Mounir 3.75
La girardasse 3.75
Clyde 3.75
Hidelirium 3.75
Titeuf@ 3.75
Anicky 3.5
Anel-kun 3.5
hkyume 3.5
Bama Dillert 3.5
Bastian Meiresonne 3.5
Chip E 3.25
Omerieux 3.25
Hojo 3.25
Pikul 3
Miyuki 1


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Une oeuvre magnifique

Ce film de Mizoguchi n'est pas sa meilleure réalisation, mais elle est néanmoins splendide en tout point. On peut peut être regretter une bande son qui fait plutôt mal aux oreilles, mais cela est du surtout à l'époque de la réalisation du film où la qualité du son n'était pas au rendez vous malheureusement. C'est du grand art, une véritable merveille, tant au niveau du scénarion que de la réalisation. A conseiller à tous ceux qui aiment ce cinéma japonais lent et beau à souhait.

26 décembre 2005
par Mister_Tsukimoto


Un film parfait d'un point de vue scénaristique

Résumé du film : L’empereur Hsuan-Tsung, dans la Chine du 8ème siècle, est vieux, décadent et fou… il se souvient… Il y a quelques décennies, il perdit sa femme, l’impératrice, et restait inconsolable, délaissant même la politique dans cette période de troubles sociaux. C’est alors que son entourage lui présente une roturière et domestique (esclave) de cuisine, Yang Kwei Fei. L’empereur tombe éperdument amoureux de cette jeune fille belle et rayonnante, lui redonnant goût à la vie. Mais ses ministres n’acceptent pas l’intrusion de cette femme dans la famille royale, venant d’une caste inférieure, et n’ayant donc pas sa place auprès de l’empereur. C’est alors que la famille Yang se fera exterminé, pour le bien du peuple, et contre la volonté de l’empereur. Contexte dans lequel le film s'inscrit : Suite à l’énorme succès international de Rashomon d’Akira Kurosawa, couronné par le Lion d’Or du festival de Venise de 1951, le cinéma japonais sort peu à peu de la pénombre. Deux cinéastes seront à l’honneur, Akira Kurosawa tout d’abord, mais également, et surtout, Kenji Mizoguchi, dont le côté beaucoup plus personnel de ses films mettra un point d’honneur à sa carrière. C’est ainsi qu’en 1952, Kenji Mizoguchi reçoit le Lion d’argent à Venise pour La vie d’Oharu, Femme Galante, et continuera sur sa lancée en raflant en 1953 la même récompense pour Contes de la Lune Vague après la Pluie et en 1954 pour deux de ses films, L’Intendant Sancho et Les Amants Crucifiés. C’est dans se contexte de découverte du cinéma japonais que s’inscrira L’impératrice Yang Kwei Fei, qui remporta le Lion d’Argent de 1956, avec un Mizoguchi au sommet de sa gloire en occident, 2 ans avant sa mort. Il est important de noter également que l’histoire de L’impératrice Yang Kwei Fei se situe en Chine. Il faut savoir que les rapports entre la Chine et le Japon furent très mauvais dans cette période d’après guerre (et même avant, en fait, cela dure depuis des siècles), mais Kenji Mizoguchi traita de la plus belle façon qu’il fut son film, et ce, sans parodier les chinois, ce qui fut très louable et digne de son génie filmique. Analyse du film : Kenji Mizoguchi est bien connu pour une chose spécifique dans sa carrière filmographique : l’image de la femme à travers ses œuvres ; femmes qui seront souvent le point névralgique des films (Les titres sont eux même évocateurs : La vie d’Oharu, Femme Galante ; La femme dont on parle ; Mademoiselle Oyu ; Le destin de madame Yuki ; etc.). Ayant vécu toute son enfance dans des quartiers très pauvres de Tokyo, au milieu de vagabonds, d’artistes marginaux et de prostituées, Kenji Mizoguchi forgea son caractère et ses idéaux de telle façon qu’elles ressortirent clairement dans ses films, avec l’appuis de son ami cinéaste Yoshitaka Yoda. L’image de la femme est en effet l’une des caractéristiques récurrente du cinéma de Mizoguchi, et L’impératrice Yang Kwei Fei ne fait pas défaut à cette règle. L’histoire de L’impératrice Yang Kwei Fei raconte comment une quasi-esclave dans la Chine ancestrale devient impératrice. Depuis sa cuisine, Kwei Fei ne voit pratiquement pas le jour et son visage est à demi masqué par la salissure. Un haut dignitaire la sortira de sa condition pour amadouer l’empereur. Devenue sa femme, Kwei Fei se retrouve en position d’influer son mari politiquement ; ou du moins, c’est ce que certaines personnes de la cour royale pensent. C’est ainsi que, tout en restant fidèle à l’empereur, la mort de Kwei Fei sera exigée. Ici, le symbolisme est clair. La femme au Japon venait juste d’acquérir le droit de vote. La métaphore développée par Mizoguchi et Yoda met en parallèle l’actuel problème de société que le Japon avait alors, en transposant celui-ci dans un récit légendaire. La Femme fut sortie de sa condition d’infériorité par rapport à l’Homme à la fin des années 40 (le droit de vote), de la même façon que Kwei Fei fut sortie de sa cuisine sale et insalubre. Mais si ça simple présence ne choque pas, ses origines roturière se sont pas vu d’un bon œil par la caste supérieure, et provoquera un courroux aussi stupide que barbare, se soldant par la mort de la jeune femme. Au japon, la Femme et ses nouveaux droits ne furent également pas bien accueillit, et rejetés la plupart du temps par l’Homme… Le parallèle est établie, et est très évocateur. La Femme trouve en Kwei Fei une valeur symbolique où sa condition d’égalité avec l’Homme n’est pas acceptée, et où, en fin de compte, n’est qu’une illusion (même la précédente impératrice est morte, comme pour symboliser la volonté d’absence totale de femmes au pouvoir). Kenji Mizoguchi se révolta régulièrement et relativement implicitement contre le regard porté sur la Femme au Japon à travers ses films, et L’impératrice Yang Kwei Fei est peut-être l’une de ses œuvres les mieux réussites de ce point de vue là, avec évidement La Victoire des Femmes, rebondissant sur l’événement sans précédent dans l’émancipation de la Femme au Japon : le droit de vote en 1948, symbole d’une nation où le totalitarisme laissait de plus en plus place à deux choses fondamentales dont Kenji Mizoguchi tenait plus que tout à cœur, la Tolérance et la Liberté. Yaku

20 mars 2003
par Ytterbian


Petit détournement de faits réels pour une cause un peu plus importante que la réalité historique...

Encore une fois, Mizoguchi s'engage de façon très marquée pour la cause des femmes. Il utilise ici l'histoire le l'impératrice Yang Kuei-Fei, sorte de Cendrillon chinoise historique, pour dénoncer la condition féminine. Mais si le personnage historique est très éloigné dans le temps, ce que Mizoguchi montre avec son film est très moderne et très actuel. Cependant, on peut noter quelques différences entre le personnage de l'impératrice dans le film, et l'impératrice historique, qui elle, était moins détachée de An Lu-Shan que Mizoguchi ne le laisse croire. Du reste, le cinéaste est resté fidèle à ce que l'on connait de l'histoire. Mais la réussite de son film ne se limite pas à un simple témoignage historique : la beauté des images, des couleurs, la mise en scène impeccable (peut-être un peu trop parfois !), le jeu des acteurs plus qu'inspiré (Mori Masayuki EST un empereur, Machiko Kyo EST Yang Kuei-Fei), tout ici contribue à rendre un chef-d'oeuvre... Et aussi tout particulièrement la musique de Hayasaka, qui ici plus encore que dans les autres films de Mizoguchi, imprègne toutes les scènes (elle est presqu'omniprésente !). On sent bien que "Les Sept Samouraïs" n'est pas loin dans l'esprit du compositeur :) Sa musique prend toute son importance notamment dans la magnifique scène où l'impératrice entraîne l'empereur à la fête du Nouvel An, sans doute l'une des plus belles du film, avec cette autre scène où l'empereur se tient face à la statue de sa défunte femme. Cette scène de la statue, au début du film, sera complétée en beauté par la scène de fin du film, l'une des scènes de fin les plus magistrales du cinéma, tout aussi grandiose que celle des "Amants Crucifiés" !

Petite réaction sur la critique de La girardasse (si je puis me permettre ^^) : Je prendrais ta remarque en sens inverse, pour dire que si Mizoguchi avait la réputation d'être assez odieux avec les femmes dans la "vraie" vie, son cinéma quant à lui est une magnifique preuve de féminisme. Et le cinéma n'est-il pas là pour permettre à un cinéaste d'exprimer quelque chose d'encore plus profond que les apparences de la "vraie" vie ?



01 avril 2004
par Kamiku


Portrait de femme saisissant mais cinématographiquement trop épuré

"L'impératrice Yang-Kwei-Fei" est un excellent film. Il dépeint non seulement avec brio la machine politique incontrôlable, mais aussi la personnalité ultra-ambigüe d'une femme à la fois commune socialement et hors du commun. Hors du commun... de par son destin, tragique, oui; mais aussi de par sa force admirable, son acceptation du destin, sans pour autant ne pas profiter de l'amour. Kwei-Fei, portée par une Kyo Machiko bluffante d'émotion ravalée, est un personnage d'une densité monstrueuse. Il faut le voir... Il faut voir aussi l'absence de coupable dans cette oeuvre. Tout le monde est victime; d'où ma mention de "machine politique incontrôlable": le film de Mizoguchi met en scène le fatalisme, peut-être de manière trop résignée, mais en tout cas très juste: dans un événement qui comprend l'ensemble d'un peuple, personne n'est assez fort pour tout maîtriser; l'homme est bien trop petit... En clair, narrativement, ça va très loin. Malheureusement... Mizoguchi signe là un objet bien trop lisse et symbolique: oui, tout cela est toute en profondeur, en déclarations sous-jacentes, oui, tout cela est vrai; mais tout cela est bien trop frustrant pour le spectateur en quête (entre autre) de plaisir. Et si l'histoire n'était pas authentique, on ne pourrait pas s'empêcher de penser: quelle histoire à la con; bien à l'image de pas mal d'événements illogiques de la vie. Sans climax. Sans rien. Pour ma part, et là c'est purement subjectif, je préfère de loin le lyrisme foisonnant à la profondeur misérabiliste. Après, cela dépend de ce qu'on cherche dans la vie... Cette considération mise de côté, "Yang Kwei-Fei" reste un classique à ne pas rater, bien évidemment. Nota bene: il m'est trop difficile de résister à l'envie d'adresser une petite pensée émue à l'égard de la personne qui a déposé la très intelligente critique précédente... ;)

25 janvier 2003
par Scaar Alexander Trox


Mouais

en couleur. Comme le Heros Sacrilege, je suis pas fan... Remarque sur la critique de Yaku: En effet, l'oeuvre de Mizoguchi apparait clairement comme une dénonciation de la condition féminine au Japon. Cependant n'oublions pas que Mizoguchi avait la réputation d'être assez odieux avec les femmes dans la vraie vie. C'est la contradiction de ce génie.

08 mai 2002
par La girardasse


Pas franchement hilarant mais drôlement beau

Quand les Américains jouent César, Charles Quint ou Napoléon, on rigole. Quand Mizoguchi tourne Yang Kwei Fei, les Chinois rigolent-ils ? Moi j'ai d'autant moins osé que j'ai vu le film en v.o. sous-titrée chinois traditionnel, mais même sans comprendre grand-chose, j'ai trouvé ça rudement bien.

28 mai 2003
par Anicky


Faux ami

Projet ambitieux né du rapprochement de Run Run Shaw, avide d'étendre la présence des studios de la Shaw Brothers dans d'autres continents asiatiques et du producteur - opportuniste de l'éternel - des studios de la Daiei, "Princesse Yang Kwei-fei" pourrait s'apparenter à un film de commande dans la carrière de Mizoguchi. Le cinéaste ne perd pas pour autant des yeux ses thématiques favorites poursuivies et a demandé d'adapter la légende de la princesse selon sa propre vision personnelle. En faisant ainsi, l'impératrice décrite comme odieuse, opportuniste et avide de richesse et de pouvoir devient une héroïne forte, pleine de bonté et au destin tragique - femme modèle de tout le cinéma de Mizoguchi. Cet écart de la véracité historique est tolérable en vue d'une appropriation artistique personnelle; en revanche, cette superproduction perd tout de même de son âme de par les moyens déployés, l'utilisation des couleurs (délavées, typiques de la pellicule ''Daiei Color'' utilisé sur quelques productions des studios de l'époque) se faisant au détriment des superbes contrastes noir et blanc parfaitement adaptés aux histoires racontées par Mizoguchi et de sa mise en scène et le manque d'intimité. Intéressante excursion, Mizoguchi n'a jamais été meilleur que dans des drames plus personnels et intimistes, que dans les superproductions d'une telle envergure. Si la culture chinoise - autrement méprisée du temps de la production du film par les japonais - est parfaitement respectée par les scénaristes et le réalisateur, les trop grandes différences visibles (surtout pour celui qui aura déjà vu des films ou connaissant quelques us et coutumes des deux pays) nuisent quelque peu à l'ensemble; sans parler de la volonté clairement affichée par Mizoguchi de ratisser toujours plus large pour conquérir un public toujours plus mondial en quête de reconnaissance. Une oeuvre de grande ambition, mais mineure dans la filmographie de son réalisateur, qui fera preuve des mêmes faiblesses sur son suivant "Héros Sacrilège" avant de revenir vers un autre pur chef-d’œuvre bien plus personnel : "La rue de la honte".

30 juillet 2005
par Bastian Meiresonne


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